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  Service de médecine gériatrique
HFR Billens et HFR Châtel-St-Denis
 
     
 

Le Service de médecine gériatrique accueille les personnes âgées malades, souffrant d’un syndrome de fragilité (état intermédiaire entre le vieillissement normal et pathologique) et/ou de pertes fonctionnelles significatives. La personne âgée est considérée comme un partenaire de soins et le programme vise à la faire participer de façon active pour favoriser le processus de reconditionnement. Les soins et traitements sont basés sur un respect du rythme de la personne et prennent en compte les difficultés liées à une hospitalisation à cet âge. Les prises en charge sont interdisciplinaires, c’est à dire coordonnées entre les différents professionnels (médecins, infirmiers/ères, physiothérapeutes, ergothérapeutes, assistants sociaux, diététiciennes, soins à domicile),et vise à la réalisation du projet de vie des patients. Les patients peuvent venir d’un hôpital de soins aigus ou du domicile (y compris le home) envoyés par leur médecin. Le service participe au développement et à la diffusion du concept et de la philosophie de la médecine gériatrique.

Parallèlement aux soins médicaux et infirmiers, les malades du Service de médecine gériatrique, de l’unité de traitement et réadaptation et de l’unité de réadaptation respiratoire bénéficient de physiothérapie et d’ergothérapie quotidiennes. En physiothérapie, on recherche par exemple le gain de mobilité d’une articulation déficiente, le renforcement ou l’étirement de la musculature affaiblie ou rétractée, l’assurance et l’équilibre à la marche. Différentes techniques permettent en outre un soulagement des douleurs, une réharmonisation de la posture et le traitement d’affection respiratoire aiguë ou chronique. En ergothérapie, l’accent est mis sur la réadaptation des gestes de la vie quotidienne par l’intermédiaire d’activités pratiques et les modifications architecturales du domicile privé que nécessite le handicap résiduel.

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Dépistage des démences

La modification de la pyramide des âges dans les populations des pays industrialisés et les projections démographiques réalisées pour les deux prochaines décennies ont permis d’observer l’émergence d’un nouveau problème de santé publique : les démences.

Les différentes études montrent que la prévalence de la démence est de l’ordre de 5 à 10% au-delà de 65 ans et de 25 à 40% au-delà de 85 ans. Les coûts liés à la prise en charge des malades souffrant de troubles cognitifs représentent environ 50 milliards de dollars en Europe. Il est donc aisé de comprendre que ce groupe de pathologies arrive dans le trio de tête avec les affections cardiovasculaires et tumorales.

En termes de « coût humain », les démences engendrent une problématique très complexe. L’évolution de la maladie touche non seulement la mémoire mais également les autres fonctions cognitives comme le langage (aptitude à s’exprimer et à comprendre), la capacité à s’organiser dans le monde environnant (fonctions exécutives), l’aptitude à coordonner les gestes (praxies), entre autres.

Au cours de l’évolution, une bonne partie des malades va développer un état dépressif, des symptômes de la lignée psychotique ou des troubles du comportement. La souffrance du patient et de son entourage est donc facilement imaginable, environ 30% des proches en charge d’une personne démente développent un état dépressif.

Durant le vieillissement dit normal, les performances intellectuelles tendent à diminuer. La mémoire est particulièrement sensible au vieillissement, avec des effets très variables d’un sujet à l’autre. Sur le plan physiologique, on observe une diminution globale de la vitesse de traitement de l’information qui affecte la cognition. Les mécanismes incriminés sont essentiellement la diminution de l’amplitude et de la vitesse de l’onde de dépolarisation secondaires à l’altération de la structure membranaire de la cellule nerveuse. Les modifications morphologiques au cours du vieillissement usuel se caractérisent par l’apparition de plaques amyloïdes et de dégénérescences neuro-fibrillaires. Cependant, c’est l’importance de ces phénomènes, leur localisation dans le cerveau et leur sommation qui provoquent la pathologie démentielle. Au niveau biochimique, la diminution du taux d’un neurotransmetteur spécifique, l’acétylcholine a été, entre autres, observée.

Les troubles de la mémoire

Sur le plan clinique, 15 à 25% des personnes âgées se plaignent de problèmes de mémoire, caractérisés surtout par des oublis fréquents. Ces plaintes pourraient être en relation avec une diminution des ressources attentionnelles, prétéritant les performances mnésiques du sujet. De fait, les personnes âgées auraient plus de difficultés à entreprendre spontanément les opérations les plus efficaces d’encodage (enregistrement) et de récupération de l’information. Ce déficit peut également s’observer au cours de différentes pathologies autres que les affections démentielles. Il peut également être une conséquence de traitements par certains médicaments. Dr André Laszlo Médecin chef, Service de médecine gériatrique Jussara Ammann Psychologue diplômée, sites de Billens et Châtel Pourquoi dépister une démence ? Toutefois, malgré ces difficultés, le sujet âgé peut généralement retrouver un élément mémorisé lorsqu’on lui fournit des indices ou lorsqu’il faut reconnaître l’information enregistrée, présentée parmi d’autres. Au contraire, dans certaines atteintes démentielles comme la maladie d’Alzheimer, les problèmes de mémoire affectant les capacités d’encodage et de stockage sont si importants que la présentation d’indices n’améliore pas les performances.

Les troubles amnésiques peuvent être répartis très schématiquement en 3 groupes, selon la sévérité et la présence ou non d’autres troubles cognitifs concomitants : les troubles mnésiques liés à l’âge, les déficits cognitifs légers (ou Mild Cognitive Impairment) et la démence. Il est important de relever que 80% des sujets inclus dans le 2e groupe vont développer une démence au bout de 6 ans environ. La démence est caractérisée par des troubles de la mémoire associés à une autre atteinte cognitive ayant une répercussion fonctionnelle dans la vie quotidienne ou professionnelle. Il est possible de distinguer les démences neuro-dégénératives, dont le type le plus courant est la maladie d’Alzheimer représentant environ deux tiers des démences, et les autres formes de processus démentiels, comme les démences vasculaires. Les formes mixtes sont fréquentes.

Le dépistage précoce

Le dépistage précoce est important car il existe à l’heure actuelle des traitements efficaces permettant de ralentir la progression de la maladie chez un bon nombre de patients.
L’examen neuropsychologique est la pierre angulaire pour le diagnostic précoce des démences. Il consiste à détecter les déficits cognitifs du patient mais aussi ses capacités préservées. En effet, grâce aux différents tests psychométriques, il est possible de déterminer s’il s’agit d’un vieillissement normal ou pathologique. La nature et la sévérité des troubles observés, ainsi que les informations obtenues auprès du patient ou de ses proches pourront contribuer à élaborer une hypothèse étiologique. Sont également évaluées les répercussions fonctionnelles des troubles dont souffre le patient. Sur la base de ces éléments, un suivi spécialisé pourra être proposé.

En ce qui concerne les médicaments, les inhibiteurs de la cholinestérase représentent actuellement le pilier du traitement de la maladie d’Alzheimer. En effet, ils permettent d’augmenter le taux d’acétylcholine dans le liquide cérébro-spinal. Ils ont également démontré une certaine efficacité dans les démences de type mixte. Plusieurs études randomisées, contrôlées, en double aveugles ont montré un bénéfice significatif sur les symptômes à court terme chez les patients traités, permettant de différer l’admission en institution. On dispose également de résultats d’études ouvertes, réalisées sur un terme plus long (3-4 ans) qui ont suggéré un ralentissement du déclin cognitif. Le traitement est clairement indiqué pour les malades souffrant d’une démence légère à modérée ; des résultats intéressants ont également été obtenus chez des malades souffrant de formes avancées, notamment par leur action sur les troubles du comportement. Très prochainement, une autre famille de substance agissant sur les récepteurs différents sera mise sur le marché en Suisse, avec des indications bien précises.

En conclusion, le dépistage des démences est hautement indiqué. En effet, il existe à l’heure actuelle des traitements qui permettent de ralentir l’évolution de certaines formes de démences. D’autre part le diagnostic permet de donner des informations claires et un soutien adéquat aux patients et aux proches, permettant ainsi d’améliorer la qualité de vie des uns et des autres.